Voilà qu'après la constitution du dossier MDPH, le dépôt du dossier de demande de prise en charge par le Sessad, l'attente (fort longue) du résultat de la commission d'admission, la grande nouvelle (mon enfant est admis !), F-E a fait aujourd’hui sa "rentrée" au Sessad. Il sera pris en charge dans leurs locaux deux jours par semaine. Le suivi psycho-éducatif et l'orthophonie seront assurés là-bas, il sera accompagné une matinée par semaine par son éducatrice à sa garderie, laquelle viendra aussi chez nous une matinée par semaine. Bref on l'aura compris : la prise en charge précoce au Sessad et selon la méthode Denver, c'est de l'intensif, et c'est tant mieux puisqu'il paraît qu'il n'y a que ça qui "fonctionne".

Il n'empêche que c'était pour moi un sujet d'angoisse et de questionnements importants.

Pas seulement cela d'ailleurs : de mélancolie aussi. Après avoir souhaité bec et ongles que mon fils serait accepté, que mes périples dans les transports parisiens, les visites éprouvantes chez la psy et l'orthophoniste cessent enfin, je suis confronté à un fait, indéniable, acté : si mon fils est accepté dans ce centre, c'est bien qu'il est handicapé. Or, je suis encore une "toute jeune maman" d'handicapé, mon deuil de l'enfant normal n'est pas encore terminé, et chaque épreuve réelle qui vient me rappeler la différence de mon fils reste un coup d'épée dans mon cœur château branlant de mère.

J'avais rencontré la directrice, le personnel, visité les locaux, mais des craintes demeuraient, enfouies au fond de moi, des interrogations aussi que toutes les mères comme moi connaissent : est-ce le bon endroit pour mon fils qui, après tout, aux yeux de tout un chacun n'a "rien", ou "pas grand-chose" ? Est-il si approprié qu'il reste plusieurs journées durant auprès d'enfants "différents" ? Et d'ailleurs comment seront ces enfants ? Comme lui ? Plus profondément atteints ? Plus légèrement atteints ? Autant de questions qui se bousculaient dans mon crâne et m'empêchait de me réjouir complètement de cette "chance" qui m'était livrée sur un plateau.

Finalement le grand cataclysme n'a pas eu lieu. J'ai presque eu l'impression d'accompagner mon fils dans une garderie "normale". Certes, si on les regarde bien, les autres enfants, peu nombreux, n'ont pas tout à fait le profil typique, mais somme toute, rien de bien marquant après ce que j'ai déjà vu et lu. Apparemment mon fils a passé un bon moment, il apprécie les lieux, les jeux proposés et ses nouveaux copains. Son éducatrice m'a fait des compliments à son sujet. Il aurait déjà beaucoup de compétences. Elle était souriante en le disant, comme si elle avait fait une "bonne pioche" en se le voyant confier. C'est bête, mais ça m'a fait plaisir. Suite au prochain numéro...